Ils affirment « L’Afrique est notre avenir. », pendant ce temps, les bateaux de migrants africains continuent de sombrer au large des côtes Italiennes avec femmes et enfants.

Ils voient l’avenir en Afrique,  tandis que  celui-ci est  pratiquement insignifiant dans le commerce mondial.

L’Afrique incarne leurs espoirs, mais au même moment  ce continent demeure toujours vulnérable face aux pandémies.

Mais qui sont ces gens ? De quoi parle-t-on au juste ?

Les sénateurs Jeanny Lorgeoux et Jean-Marie Bockel ont présenté, un rapport sur les relations entre la France et l’Afrique. C’était le 30 Octobre 2013, et ledit rapport qui a nécessité 10 mois de labeur est intitulé « L’Afrique est notre avenir ». Le titre est évocateur, vous avez certainement pressenti qu’il s’agit d’un rapport aux accents afro-optimistes.

Depuis sa publication, j’ai parcouru les grandes lignes de ce document de 500 pages. Un rapport aussi volumineux qu’instructif. Les mutations démographiques, l’urbanisation, les défis environnementaux, les réalités économiques, la mondialisation, l’immigration, les défis sécuritaires et l’intégration sont autant de sujet abordés dans ce document. Entre constats et propositions, une idée revient sans cesse : « Il faut se départir des préventions postcoloniales et voir l’Afrique comme un élément clé de notre avenir.». Personnellement  le passage qui m’a le plus intéressé dès la découverte de rapport fut celui réservé à la jeunesse : « Une jeunesse entre espoir et révolte. » J’ai donc décidé de partagé avec vous cette séquence qui se trouve dans la partie I. du Chapitre 1, précisément dans le paragraphe C.

CHAPITRE 1 : L’AFRIQUE EN MUTATION : ENJEU MAJEUR POUR LA FRANCE ET L’EUROPE

I.              VERS UN CONTINENT DE  MILLIARDS D’HABITANTS AUX PRIORITES DE L’EUROPE

C. UNE JEUNESSE ENTRE ESPOIR ET REVOLTE

Avec près de 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique possède déjà aujourd’hui la population la plus jeune du monde.

Une nouvelle Afrique qui n’aura connu ni la colonisation, ni la décolonisation est en train de naître. Ainsi au Niger, un habitant sur deux à moins de 15 ans et les personnes âgées de 60 ans et plus n’y représentent que 4% de la population.

Cette Afrique‐là qui est née avec la télévision, Internet et les mobiles ne regardera pas le monde de la même façon que les générations d’hier. Cette Afrique‐là aura de ce fait un regard différent de nos continents en voie de vieillissement. Les chiffres parlent d’eux‐mêmes. La part des jeunes de moins de 15 ans y représente 40 % de la population totale, contre 27 % dans l’ensemble de la population mondiale. La jeunesse africaine de moins de 25 ans constitue plus de 50 % de la population du continent, alors que, dans plusieurs pays d’Europe, ils ne représentent que 17% de la population.

1.    50 % des Africains ont moins de 25 ans

On pourrait ici multiplier les comparaisons. Toutes convergent pour souligner le poids et l’importance de cette jeunesse que l’on croise en masse dans les rues des capitales africaines.

jeunes

Cette jeunesse explique les besoins des pays africains en matière de formation, d’éducation et de santé. Elle détermine également les conditions d’exercice de la vie politique dans des pays où l’essentiel de l’opinion publique est composé de jeunes de moins de 25 ans. Cette jeunesse‐là, née dans les années 90, est nécessairement partagée entre tradition portée par leurs parents et la modernité véhiculée par la télévision et par Internet. Comme dans beaucoup de pays en développement, la jeunesse africaine vit de plein fouet les mutations des sociétés traditionnelles où meurt le vieil ordre alors que le nouveau ne parvient pas à éclore. Dans cet interrègne, la jeunesse est ballottée entre les croyances traditionnelles et la foi dans la technologie occidentale, entre les rites et les cyberespaces, entre le village et la ville. De nombreuses études soulignent une jeunesse en quête d’identité dans un « entre deux » qui explique des épisodes violents entre refondation identitaire et combats démocratiques. Cette jeunesse est l’avenir de l’Afrique, non seulement parce qu’elle va accroître les effectifs des forces actives en âge de travailler et de consommer, et qui constituent le moteur de la croissance économique, mais également parce qu’elle est de plus en plus éduquée. Partout, en effet, malgré les insuffisances des systèmes éducatifs, le niveau d’instruction progresse.

Depuis une dizaine d’années, des progrès considérables ont été faits en termes d’accès à l’école primaire. L’Afrique subsaharienne a enregistré les résultats les plus importants ces dix dernières années. Entre 1998 et 2009, l’effectif scolarisé a augmenté de 31% (soit 58 millions d’élèves supplémentaires). En dépit de ces résultats, 1/4 des enfants qui devraient être à l’école n’est toujours pas scolarisé. C’est désormais aux autres cycles d’enseignement qu’il faut améliorer l’accès, notamment le cycle secondaire. Seuls 34% des enfants y parviennent à l’heure actuelle malgré des progrès continus. D’après les tendances actuelles, en 2030, 59 % des 20‐24 ans auront reçu un enseignement secondaire, contre 42 % actuellement. On aura donc, pour cette tranche d’âge, 137 millions de jeunes diplômés du secondaire et 12 millions du tertiaire. Même si de graves problèmes de qualité demeurent, cette tendance créera des opportunités uniques pour le développement économique et social. Cette jeunesse est une opportunité mais aussi un défi redoutable. Elle porte l’avenir, préfigure le futur, concentre les anciens espoirs et les nouveaux défis. Elle est, selon la formule de M. Ramtane Lamamra, Commissaire pour la Paix et la Sécurité de l’Union Africaine rencontré à Addis Abéba, « un atout et un talon d’Achille ».

2.    Une opportunité mais aussi un défi redoutable

L’absorption par le marché du travail de cette jeunesse exigerait selon l’OCDE des taux de croissance de l’économie non pétrolière de l’ordre de 6 à 7 % pendant plus d’une décennie. Le maintien des taux actuels de chômage chez les jeunes, qui s’élèvent dans certains pays à 40 %, fait courir des risques très importants. Si l’Afrique ne parvient pas à créer des opportunités économiques et d’emplois suffisantes pour offrir des conditions de vie décentes à ces centaines de millions de jeunes, la cohésion sociale et la stabilité politique s’en trouveront fragilisées.

La première conséquence de cette situation est aujourd’hui l’extrême pauvreté d’une partie de la jeunesse africaine. D’après le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), 72 % des jeunes Africains vivent avec moins de 2 dollars (USD) par jour. Le chômage, la pauvreté qui en découle mais aussi l’élévation du niveau de formation et l’effacement des valeurs traditionnelles conduisent nombres de jeunes à se révolter contre l’autorité de leurs aînés. Comme l’a souligné devant le groupe de travail M. Maurice Enguéléguélé, Coordonnateur des Programmes IAG (Institut africain de la gouvernance), « on a vu ce processus à l’oeuvre dans le Maghreb : l’inversion des pyramides des âges, le fort taux de scolarisation couplé à celui de jeunes diplômés non ou sousemployés et un accroissement des inégalités génèrent des mouvements sociopolitiques, mais il n’est pas moins présent en Afrique subsaharienne même s’il n’a pas donné les même résultats ».

Au Sénégal, par exemple, lors de l’élection présidentielle de 2012, la mobilisation des jeunes qui s’est multipliée à Dakar et dans les centres urbains a joué un rôle important dans la défaite d’Abdoulaye Wade, sur lequel les jeunes avaient fondé leurs espoirs en 2000. Les jeunes urbains ont été les acteurs principaux de ces expressions protestataires, investissant d’une manière nouvelle l’espace public et la scène médiatique. Le collectif « Y’en a marre » (YEM) créé par un journaliste et plusieurs rappeurs, qui porte un projet de « conscientisation citoyenne » et de « remoralisation de l’espace politique », a connu un essor spectaculaire.

On a pu voir en Côte d’Ivoire, au cours de la dernière décennie, la face sombre de cette mobilisation et de son instrumentalisation possible à travers le mouvement des « Jeunes patriotes », relayant souvent des doctrines intolérantes et xénophobes. A contrario, le mouvement YEM a fait montre à plusieurs reprises d’une importante capacité de mobilisation pacifique, notamment dans ses appels à l’inscription sur les listes électorales et dans sa définition du « nouveau type de Sénégalais ».

En Afrique du sud on se souvient des «jeunes lions» héroïques qui furent les précurseurs de la démocratie et de la fin de l’apartheid. Cette capacité de rébellion s’incarne cependant dans une réalité parfois plus cruelle. Cette jeunesse en colère instrumentalisée participe aux luttes armées et contribuent à l’instabilité du continent. Rappelons‐nous dans les années quatre‐vingt des enfants‐soldats du Mozambique et de la Sierra Leone, quintessence même de la désintégration civile. Et comment ne pas remarquer la jeunesse des mouvements rebelles qui sont illustrés ces dernières années en Centrafrique, au Mali ou en RDC. En témoigne la Seleka qui vient de renverser le Président Bozizé en Centrafrique composée pour une large part de jeunes. En témoigne, au Mali, Ansar Eddine, le Mujao et Al‐Qaida au Maghreb islamique (AQMI), qui ont recruté, entraîné et utilisé plusieurs centaines de jeunes et d’enfants au sein de leurs forces depuis le début de l’occupation du nord du Mali, mais aussi en République démocratique du Congo, dans le Nord‐Kivu, où des milliers de garçons et filles déscolarisés ont rejoint, généralement contre leur gré, les rangs des groupes armés. Il ne s’agit pas seulement d’exemples ponctuels, mais d’un vaste mouvement qui touche la majeure partie des États africains où l’absence d’emploi des jeunes constitue désormais un des principaux risques pour la stabilité des pays.

Ainsi la Banque mondiale, dans un rapport consacré au lien entre conflits, sécurité et développement sur l’ensemble du continent, souligne à l’issue de nombreuses études de terrain qu’« une cause majeure du ralliement des jeunes à un mouvement rebelle ou un gang urbain qui revient systématiquement dans les enquêtes d’opinion est le chômage. »1. Parmi les jeunes qui rejoignent unmouvement d’insurgés, un sur deux déclare que le chômage constitue sa principale motivation. L’enrôlement des jeunes dans des mouvements rebelles conduit inévitablement à l’utilisation des enfants dans les conflits armés. Les images de ces jeunes nombreux, pauvres, désœuvrés et donc dociles, du Libéria ou du Congo, condamnés par des chefs de guerre sans merci à se faire chair à canon le temps d’une campagne militaire, sont devenues des images récurrentes d’une Afrique en déshérence. L’année 2012 marque le dixième anniversaire de l’entrée en vigueur du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés. Mettre un terme à l’utilisation d’enfants, tant par les forces armées gouvernementales que par les groupes armés non‐étatiques, est malheureusement, encore aujourd’hui en Afrique, un défi.

3.    L’emploi des jeunes au cœur de la stabilité du continent

De leur déplacement en Afrique, les membres du groupe de travail ont retiré la conviction largement partagée que s’ils ne modernisent pas rapidement leur économie, les pays africains risquent de gaspiller l’immense potentiel qu’offre leur population jeune. Avec la forte croissance démographique de l’Afrique et la compression nécessaire du secteur public dans de nombreux pays, un secteur privé vigoureux constitue la principale source d’emplois pour les jeunes. L’incapacité de la croissance forte de cette décennie en Afrique à créer des emplois en nombre suffisant constitue de loin le plus grand obstacle auquel sont confrontés les jeunes Africains aujourd’hui. Pour maximiser l’impact sur l’emploi des jeunes d’une croissance plus vigoureuse du secteur privé et de l’économie, il faut mettre en œuvre des mesures adaptées reposant sur une bonne compréhension des problèmes que rencontrent les jeunes qui veulent trouver un emploi décent et le conserver. L’éducation, la formation professionnelle, l’université et la recherche devront faire l’objet d’une priorité massive et déterminée. L’accès à la culture, l’élargissement des opportunités personnelles, le développement des capacités collectives et leur adaptation à l’économie en découleront.

Dans de nombreux Etats africains, la crise de l’Etat va de pair avec la perte de confiance dans le capital scolaire comme garantie d’un avenir meilleur. Certes, la plupart de ces jeunes rêvent de poursuivre des études mais une complainte revient fréquemment : « plus on a de diplômes, moins on trouve de travail ».

L’inadéquation de plus en plus flagrante entre les systèmes d’enseignement et les besoins réels des économies africaines méritent d’être soulignée. L’abandon des secteurs sociaux par les bailleurs de fond dans les années 1990 fut de ce point de vue une regrettable erreur. Sur ces sujets, la France a une expertise, notamment dans le domaine des formations professionnelle et universitaire, dans une langue qu’elle partage avec une grande partie de l’Afrique. Dans ce domaine, l’AFD, notamment, soutient la mise en place de centres de formation demandés par les pouvoirs publics africains et dédiés aux secteurs productifs moteurs des économies nationales impliquant directement les branches professionnelles concernées. Il y a, à l’évidence, dans ces domaines, un intérêt partagé pour une coopération plus intense : les pays africains qui voudraient bénéficier du savoir-faire français, la France qui aimerait former des enseignants et des institutions plus enclines à regarder vers l’Hexagone. La question de la jeunesse n’est, enfin, pas seulement une question sociale ou économique, mais également une question politique. La sous‐représentation des jeunes dans toutes les instances de décision économique ou politique est frappante dans un continent dont 50 % de la population a moins de 25 ans.

Dans tous les pays dans lesquels le groupe de travail s’est rendu, la jeunesse africaine aspire à prendre sa part de responsabilité dans la vie politique. Elle rejette le statut d’immaturité sociale dans lequel elle se sent enfermée. Elle revendique sa part de gestion des affaires publiques.

La Capacité de mobilisation de la jeunesse africaine crée un nouveau contexte politique

Paradoxalement, cette jeunesse africaine cherche moins à refaire le monde qu’à y trouver sa place. Elle se méfie des utopies sans lendemain dont elle paraît se lasser. Comme l’a souligné Richard Banégas devant le groupe de travail,

« cette jeunesse aspire avant tout à être une consommatrice de la mondialisation et à se construire individuellement un parcours de réussite sociale. Bill Gates exerce sur elle plus de fascination que Che Guevara ».

Les jeunes Africains veulent gagner de l’argent, partir à l’étranger, revenir au pays, monter une entreprise, etc. Ils n’attendent pas grand‐chose de l’Etat, juste qu’il leur donne les moyens d’une réussite qui sera d’abord une trajectoire de réussite individuelle.

La disqualification de l’action de l’Etat et des idéologies politiques a par ailleurs favorisé le foisonnement religieux auprès des jeunes. Au Sénégal où l’islam a été un élément essentiel de la stabilité politique et sociale reposant sur ce qu’on a nommé le « contrat social sénégalais », qui organise depuis la période coloniale des relations de type clientéliste entre l’Etat et les grandes confréries musulmanes, on constate l’investissement nouveau par une partie de la jeunesse urbaine des confréries religieuses de l’islam soufi comme nouveaux modèles de référence et espaces de réalisation de soi. Au Mali qui est depuis l’indépendance une république laïque, l’islam malékite, traditionnellement modéré et tolérant, s’est vu concurrencé par des groupes « réformistes » wahhabites et salafistes, notamment sous l’influence de missionnaires venus du Pakistan et du Golfe. Un nombre croissant de jeunes en quête de repères et sensibles à leurs actions humanitaires et sociales, ont ainsi rejoint différents mouvements radicaux comme la secte fondamentaliste Dawa ou des organisations non gouvernementales comme le Croissant rouge qatari ou Qatar’s charity.

Une même effervescence existe en Afrique dans l’orbite des « Eglises duRéveil » pentecôtistes, avec parfois une grande similarité dans les méthodes de prédication et dans la conception de la « réalisation de soi » avec les mouvements islamistes.Au fond, la majorité des jeunes Africains des villes demande avant tout, comme leurs cousins du Maghreb, la liberté et la justice, le respect et la dignité. L’ensemble de ces processus fait de la jeunesse un élément structurant de l’avenir de l’Afrique. A l’heure où la France tente de redéfinir ses relations avec le continent, l’enjeu de demain réside précisément dans la capacité que l’on aura de renouer le dialogue avec les jeunesses africaines qui se tournent actuellement vers d’autres pays. La France doit savoir parler à cette jeunesse qui suit par ailleurs avec passion le championnat français de football. Pour beaucoup, en particulier en Afrique francophone, la France reste une référence. D’abord parce que de nombreux concitoyens y habitent, ensuite parce qu’une partie d’entre eux souhaite y étudier ou commencer leur vie professionnelle, enfin parce que notre pays reste une référence d’émancipation, de culture et des droits de l’homme. Certains, cependant, dans la jeunesse francophone, ont le sentiment d’être délaissés, voire de ne pas être payés en retour de cette polarisation vers une France en repli, à la politique d’accueil des étudiants restrictive. La France a pris le risque réel que les jeunes générations se détournent d’elle pour rejoindre de nouveaux partenaires. Notre diplomatie a depuis longtemps identifié cet enjeu. Chacun se souvient du 23e sommet Afrique‐France qui s’est tenu en 2005 à Bamako, consacré au thème de « la jeunesse africaine ». Plus que jamais ce thème reste d’actualité.

Cependant les jeunes savent bien que, depuis les indépendances, ils ont été constamment mobilisés par les pouvoirs en place à des fins de légitimation. Il faut faire très attention au message qui est délivré en réponse à ces attentes. S’en tenir aux promesses rituelles ne pourrait qu’accroître la colère qui monte et susciter des contre‐feux qui auront des effets désastreux sur l’image de la France au sud du Sahara. La meilleure réponse aux attentes de la jeunesse passe par l’éducation et l’emploi. Sur ce point la France a une longue expérience de coopération pour le développement des systèmes éducatifs africains. Alors qu’à l’origine l’accent était mis exclusivement sur l’accès à l’éducation primaire, les bailleurs de fonds soulignent aujourd’hui la nécessité devant les progrès effectués de renforcer désormais le lien entre éducation postprimaire et emploi.  Dans un contexte international placé sous l’égide de programmes mis en place par l’ONU (Éducation pour tous, Objectifs du millénaire pour le développement), les bailleurs adoptent une approche intégrée et professionnalisante de l’éducation. C’est le cas de la France dont la stratégie de coopération 2010‐2015 « Éducation, Formation et Insertion » est basée sur la promotion de deux objectifs principaux :

(i) contribuer de manière significative à la scolarisation primaire universelle et la parité filles/garçons dans l’accès à l’éducation ;

(ii) adopter une vision globale de l’éducation, de l’enseignement primaire à l’enseignement supérieur.

A travers l’AFD, la France a investi au cours des dix dernières années plus d’un milliard d’euros dans le secteur de l’éducation/formation, dont 2/3 sur le continent africain. Et dans les trois prochaines années, ses financements dans l’éducation devraient s’élever à plus de 500 millions d’euros, toujours majoritairement sur le continent africain. De même, l’AFD mène avec d’autres bailleurs de fonds de nombreuses actions en faveur de la formation professionnelle pour rapprocher les formations des besoins du marché de l’emploi. L’AFD a appuyé un peu plus de 60 projets dans une quinzaine de pays pour un montant d’environ 280 millions d’euros.

Je reconnais la justesse de cette analyse, ainsi que la pertinence des propositions. Cependant je me suis demandé à qui celui-ci profite au juste ? Je m’interroge. Car pendant que les sénateurs Français faisaient ce travail de fond, nos dirigeants n’ont encore rien fait de semblable. Avant ce rapport du sénat Français, les asiatiques en ont fait pareil. Mais pendant que les autres planifient l’avenir que font les Africains? Rien, sinon s’assoeir sur des mines d’or pour s’endetter et quémander. C’est comme si nous devions toujours laisser aux autres la responsabilité de réfléchir et de décider à notre place. Eux s’organisent, font des projections, se donnent des moyens conséquents ; pendant ce temps nous suivons le train de développement sans pouvoir influencer sa trajectoire. Il est par exemple écrit dans le rapport : « Les Chinois chassent en meute et nous devons nous réorganiser pour mieux défendre nos intérêts. ». Les mots sont forts, mais reflètent l’implacable réalité. C’est une partie de chasse, où l’Afrique demeure la proie à la merci des intérêts des puissances. Les autres s’activent pour défendre leurs intérêts, qui défendra les nôtres?

Que devons-nous faire ? Que pouvons-nous faire ? Pendant qu’ils œuvrent à faire de l’Afrique leur avenir, qu’est-ce que nous pouvons et devons faire pour être des acteurs et non des objets dans celui-ci?

Réfléchissons-y sérieusement, la jeunesse davantage!

 

 

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tawakkal
De nationalité ivoirienne, je réponds au nom de Tawakkal DIAKITE. Je suis passionné de l'art du leadership. Plus d'infos dans la rubrique "A propos de moi" dans mon blog.

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