Il y a 54 ans, l’Afrique qui compte aujourd’hui 54 nations entrait dans une phase nouvelle de son histoire : Bonjour les indépendances !L’heure du grand espoir, les pères fondateurs annoncèrent alors les couleurs :« Nous traiterons désormais d’égale à égale avec les nations du monde. », « Nos nations connaitront désormais le développement vrai, ses fils et filles seront les premiers bénéficiaires de ses richesses. », « Au nom du droit inaliénable qu’à tout peuple de disposer de lui-même, … nous prenons aujourd’hui notre destin en mains, » etc…

Aujourd’hui, à l’heure où mon pays, la Côte d’Ivoire, célèbre un nouvel anniversaire de son accession à la souveraineté, et que beaucoup d’autres nations sœurs du continent lui emboiteront le pas dans les jours à venir, j’ai décidé de m’interroger sur la problématique de la place de notre Afrique dans l’histoire.

Plus d’un demi-siècle après la naissance de nos États, l’on peut compter sur le bout des doigts les îles  faisant exception aux calamités de cet océan de misères. Du nord au sud, de l’ouest au l’est, les pays sont successivement ou simultanément secoués par des crises multiformes, qu’avons-nous  retenu alors de l’histoire de ce monde ?

D’aucuns répondront que même les grandes puissances d’aujourd’hui sont passées par là, comme pour dire que l’Afrique doit se borner à répéter les erreurs du passé quelle aurait bien pu éviter à s’abreuvant lucidement des enseignements de  l’histoire. En tout état de cause, c’est idiot de vouloir récréer la roue quand nous savons pertinemment qu’elle existe déjà. Sinon au lieu d’avancer l’on ne fera que piétiner, comme cette Afrique qui piétine et se piétine depuis bientôt 60 ans.

Pour avancer dans la bonne direction et vivre sainement, le troupeau a besoin d’un berger qui veille sur ses pas, l’oriente vers les herbes vertes et les sources d’eau. L’Afrique n’a pas de berger, sinon de piètres qualités. Pendant que le Nigeria et l’Afrique du Sud se livrent la guerre, au lieu de conjuguer leurs forces pour une Union Africaine forte, qu’espérions-nous ? Ces dirigeants sont-ils suffisamment entrés dans l’histoire pour cerner les enjeux d’une organisation panafricaine viable au dépend de leurs égoïstes  préférences nationales ? Ils ne me répondent pas, j’irai donc poser la question au guide Mouhammar Kadaffi, l’apôtre des États-Unis d’Afrique, lui saura me donner réponse. Ils éclatent en rire et  me répondent tous à l’unisson : « Tu dis aller voir ce dictateur de  la pire espèce, sois informé qu’il est mort, emporté par les balles de la révolution. ». Je tombe des nuits, êtes-vous qui traitez KADAFFI de dictateur de la pire espèce, vous qui, il y a peu chantiez ces louanges  et qui veniez vous abreuver aux sources intarissable du dictateur ? Êtes-vous suffisamment entré dans l’histoire pour comprendre qu’un leader se doit d’être cohérent, intègre et fidèle à ses valeurs ? Avec cette démonstration de vos talents d’hypocrisie, que pourrions-nous encore espérer de vous ?

Pas plus tard que hier nuit, 06/08/2014, l’on me disait que la pénurie de pluie menaçait gravement les cultures rizicoles dans le centre de la Côte d’Ivoire. Dans mon beau pays qui sera émergent à l’horizon 2020, l’on vit encore à la merci des aléas de la nature, comme au temps jadis. Et tu veux que l’on dise que nous sommes entrés dans l’histoire ? Alors que nous sommes incapables de faire de l’irrigation des terres agricoles une réalité, dans un pays où les sources d’eau ne manquent guère. Ici sont tellement entré dans l’histoire qu’ils ont décidé de construire leurs châteaux au mépris de toutes normes d’urbanisation, bouchant ou supprimant ainsi toutes les canalisations. D’autres n’ont trouvé que les égouts pour y déverser leurs ordures ménagères, voire industrielles. Et les conséquences de ces dérives sont inscrites chaque année sur le sombre tableau de notre histoire, avec son lot d’inondation et désolation diverses. Je ne pourrai énumérer toutes nos prouesses historiques, tant l’incivisme sévit à tous  les échelons de notre société. Dans l’histoire nous sommes, mais sommes-nous du bon côté ?

Les présidents et autres dirigeants de nos 54 États reviennent des États-Unis d’Amérique, la bonne rive de l’histoire diront certains. Là-bas, ils ont participé au 1er sommet États-Unis -Afrique. Toutes les puissances font déplacer nos dirigeants dans les salons : sommet France-Afrique sommet Afrique-France, sommet Chine-Afrique et maintenant sommet États-Unis –Afrique, allons y comprendre quelque chose. Le jour viendra peut-être où l’Afrique sera une puissance véritable, ou aura des nations aussi fortes pour organiser elles aussi des sommets auxquels les autres continents vont accourir. Au demeurant qu’est-ce que l’Afrique, sinon nos dirigeants ont appris ou gagné de ce sommet avec le premier président noir des États-Unis ?

Barack Obama, ce monsieur qui a suscité autant d’espoir sur le continent ne fera certainement pas de miracles pour l’Afrique. L’Afrique a vite fait d’ajouter son élection à l’actif  de son histoire ; l’un des nôtres est désormais l’homme le plus puissant. Symbole, comme autant d’autres. L’Afrique peut-il objectivement fonder son héritage historique sur des réussites personnelles. Suis perplexe, comme je ne me fais d’ailleurs aucune illusion sur le sort de ces équipes de football qui ne fondent leurs espoirs de victoires que sur des individualités. Sommes-nous suffisamment entrés dans l’histoire pour savoir conjuguer nos efforts et intelligences. Pour occuper sa pleine place dans l’histoire, l’Afrique devra à mon sens mettre l’accent sur cette dimension du travail en équipe. Que pourrions-nous bâtir dans le désordre et la désunion ? Comment pourrions gravir les marches de l’histoire sans un leadership conséquent ?

Bonne fête de l’indépendance à toutes et tous !

Tawakkal

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tawakkal
De nationalité ivoirienne, je réponds au nom de Tawakkal DIAKITE. Je suis passionné de l'art du leadership. Plus d'infos dans la rubrique "A propos de moi" dans mon blog.

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