C’est à juste titre que ses pionniers ont fait figurer l’éléphant en bonne place sur son logo. Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est devenu un mastodonte du paysage politique Ivoirien. Du haut des expériences de ses 40 ans de gestion du pouvoir, en passant par le long épisode du parti unique voire parti Etat, l’histoire du pays s’est très souvent confondue à celui de ce grand parti. Et même à ce jour, l’héritage et le rayonnement du PDCI sont loin d’une brutale extinction. Cependant, si marcher derrière un éléphant épargne de la rosée, se trouver dans ses environs lors de sa déstabilisation et/ou sa chute peut s’avérer être d’une extrême dangerosité. C’est en cela que la situation interne au PDCI doit intéresser les observateurs que nous sommes.

Le PDCI a réalisé de grandes choses pour la Côte d’Ivoire ; cela est indéniable. Il faut toujours s’en souvenir et tirer le chapeau pour nos bâtisseurs, à la tête desquels le père-fondateur Félix Houphouet BOIGNY. Mais contrairement à ce que voudrait certains laudateurs, il faut admettre que ce parti a également fait beaucoup de tords à notre pays. Si bien que nous n’avons pas encore fini de ramasser la merde déversée par le vieux parti. La vieillesse a ses déboires. Et oui ! C’est bien les barons du PDCI qui ont institutionnalisé le pillage des deniers publics, ces grilleurs d’arachides dont Ali Baba tolérait la sale besogne, parce qu’ils étaient à l’image de lui et ses 40 voleurs. Dès lors la crise des valeurs n’a fait que s’approfondir. Vous voulez quoi ? C’est bien sûr par sa tête que le poisson commence par pourrir. Et comme le dit un adage Ivoirien : « Quand ça va pourrir, on va sentir. » ça pourrit et non avons senti, abondamment même. La guerre pour la succession du vieux est passé par là, ne parlons même pas de l’accentuation des difficultés socioéconomiques. Et pour ne rien arrangé, le PDCI ne s’est pas empêché de gangrener le climat politique avec le concept xénophobe de l’ivoirité. S’en suit le 1er coup d’Etat de l’histoire de notre pays ; certes contre le PDCI, mais aussi un fait à mettre au passif de celui-ci. Nous voilà de pleins pieds, et ce pour longtemps dans une ère impitoyable d’instabilité. Les Ivoiriens en ont vu de tous les couleurs. Mais une décennie plus tard, nous renouons avec l’espoir d’une stabilité. Pendant ce temps le truand est devant le 1er des sages. Des ennemis sont devenus intimes. Et « l’étranger » a remplacé « le fils du pays ». Alléluha, le Seigneur est merveilleux !

Dans cette Nième ère nouvelle qui s’ouvre, il est normal et légitime que le PDCI aspire à retrouver le fauteuil présidentiel. Personne ne leur en voudra pour cette ambition. C’est plutôt le spectacle désolant auquel nous assistons dans cette perspective qui est préoccupant. De plus en plus les voix discordantes de celle du Sphinx de Daoukro sont étouffées, les scores soviétiques reviennent en puissance. Les nostalgiques du parti unique ont-ils optés pour la pensée unique ? Conséquence ; les poings s’expriment davantage que les bouches. Soit la maison du parti se transforment en Ring, soit certains y sont interdits d’accès. Ça ne vole plus haut, et très souvent cela signifie aussi que ça ne volera plus pour longtemps. Mais tout ceci demeure la cuisine interne au PDCI et l’autre dira qu’il s’en bat les couilles. Sauf que là où le citoyen lambda se sent interpellé, c’est quand le PDCI pense s’offrir le retour au pouvoir en 2020 aux moyens de petits arrangements politico-financiers. Que le PDCI, sinon le PDCI version Bédié décide de soutenir le Président Alassane OUATTARA pendant les prochaines élections, cela reste leur décision, qu’il convient respecter. Parce qu’il ne faut pas non plus verser dans la démagogie, les alliances existent dans toutes les démocraties. Mais de là à en tirer des conclusions comme pour prendre le fauteuil présidentiel en otage, il y a de quoi s’interroger sur les conséquences de cette manœuvre. En agissant ainsi, les habitués des guerres de succession ne nous propulsent-ils pas vers une nouvelle guerre plus complexe ? Qu’adviendra-t-il du sort de notre nation convalescence si au soir des deux mandats du Président OUATTARA elle devrait retomber dans une féroce guerre de leadership ?

Tu dois t’en inquiéter !

Pourquoi ?

Je m’en vais te l’expliquer :

1-        L’obstination dont fait preuve les promoteurs de ce projet est à l’image des « Jusqu’au boutistes » de la classe politique Ivoirienne. Une tendance que je dénonce, tant elle a déjà fait assez de mal à la Côte d’Ivoire. Voilà des personnes qui sont prêts à tout pour réaliser leurs projets. Quitte à plonger le pays dans le gouffre. Demain lorsqu’ils se rendront compte que leur rêve ne se réalisera pas aussi facilement qu’espéré, ils deviendront comme des lions blessés.

2-        Comme aujourd’hui, ce projet sera davantage contesté demain de part et d’autre. Parce que des nouveaux acteurs s’inviteront dans le débat et ne reconnaitront pas dans les petits accords d’arrière-cours passé entre X et Y. La Côte d’Ivoire n’est pas figée.

3-        A moins que le bilan du Président ne soit extraordinairement excellent, ce qui n’est pas le cas pour l’instant, au soir de ses 2 mandats le peuple voudra un changement. C’est-à-dire tourner la page de cette coalition RHDP qui n’aurait pas été à la hauteur de leurs espérances. Une perspective qui mettrait en mal les projets de nos architectes du PDCI.

4-        En 2020 le Front Populaire Ivoirien (FPI) redeviendra plus fréquentable, de nouvelles alliances significatives pourront alors voir le jour. Peut-être avec le PDCI, le RDR ou autre parti. Cette classe politique est capable de tout. Comme quoi nul ne peut affirmer avec certitude ce dont demain sera fait.

Toutefois, il ne faut pas s’alarmer outre mesure. Car l’émergence d’une génération nouvelle d’hommes politiques ne fait plus mystère de l’enclenchement prochain d’une relève générationnelle. Bon gré, mal gré, cette vieille classe politique devra faire ses valises. Les disques durs seront formatés pour que leurs logiciels archaïques cèdent la place aux logiciels de dernière génération. Se faisant le débat sera définitivement recentrer autour des valeurs intrinsèques des acteurs et non autour d’un quelconque appel. Donc en définitive tu dois croire et œuvrer pour un avenir meilleur, différent de ce qu’un groupuscule griffonne loin de toi et aux antipodes de ta profonde volonté de rupture.

A bon entendeur, salut !!!

Tawakkal

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tawakkal
De nationalité ivoirienne, je réponds au nom de Tawakkal DIAKITE. Je suis passionné de l'art du leadership. Plus d'infos dans la rubrique "A propos de moi" dans mon blog.

1 thought on “Côte d’Ivoire : Dois-tu t’inquiéter des pas incertains du PDCI ?

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