La Côte d’Ivoire s’est dotée d’un Conseil national de la jeunesse et de l’éducation populaire (CNJEP) le 24 novembre 1972, mais cette structure n’ayant pas survécu, comme la plupart des structures de l’époque, le pays était privé depuis lors d’une institution de jeunesse. Il a fallu quarante ans après pour que la l’on tente de corriger cette situation avec le projet d’un Conseil National de la Jeunesse de Côte d’Ivoire (CNJCI). Cette nouvelle version a été créée par décret N° 2012-989 du 10 Octobre 2012. Les modalités d’application de ce décret ont été définies par l’arrêté ministériel N°035/MPJSL/MEMIS du 04 Février 2012.

Depuis, nous sommes passés par plusieurs tentatives infructueuses de mise en place du CNJCI. La dernière en date remonte à aujourd’hui. Eh oui ! En effet ce jour même, 03 mai 2015, le vote pour désigner les élus locaux du CNJCI devrait se dérouler sur toute l’étendue du territoire. Mais il n’en sera rien. Parce que les élections ont été reportées à une date ultérieure, après un gigantesque cafouillage, dit-on pour des raisons techniques. En effet à 24 heures de la date des élections, nul ne pouvait s’exprimer avec exactitude sur la tenue ou non des opérations électorales. Ni le ministère de la jeunesse, ni le comité électoral, encore moins les candidats. Confusion généralisée. D’abord le comité électoral soutien le maintien du chronogramme initial. Ensuite les préfets de région affirment avoir été instruits pour la non-tenue des opérations électorales. Et enfin un spot télévisé signé du ministère de la jeunesse qui annonce le report. Ce cafouillage a permis à ceux qui savent lire entre les lignes que les éléphants se battaient au sommet de l’Etat. Toute chose qui aurait occasionner des dérapages ni été le bon sens et la maturité des jeunes. Il est de notoriété public que certains ne veulent pas de la mise en place du CNJCI dans ce pays. Depuis la présidence de la république, ils donneraient tous pour empêcher la naissance de cet organe. Pour ne pas subir une nouvelle fois les effets collatéraux de cette bataille entre les grands, nous candidats à ces élections avions décidé de saisir notre tutelle afin de lever toutes équivoques. C’est ainsi que les candidats du district d’Abidjan se sont déportés ce samedi 02 mai au ministère de la jeunesse pour exiger une rencontre avec monsieur le ministre. Alerté par ces collaborateurs de la situation, M. Alain Lobognon a dû écourter ces programmes du week-end pour nous rejoindre à son cabinet.

CNJCI 3

« De ma position et par mes responsabilités, je suis obligé de me plier à certaines décisions qui sont parfois au-delà du raisonnable… Jeunes gens vos élections auront lieu, je continuerai de me battre pour cela… Ne vous fâchez pas, laissez-moi gérer la situation. Vous ne savez ce que je cache dans mon cœur, mais ne parlons pas trop… Ne manifestez pas pour cette question, dans ce pays les marches ne règlent pas les problèmes. Et ne cherchez pas à me défendre, je sais me défendre moi-même… » Tels sont quelques morceaux choisis du ministre de la jeunesse, connus pour ses positions tranchées sur certaines questions. S’en est suivi un échange entre les candidats et le ministre, assortie de quelques promesses sur la tenue très prochaine des élections du CNJCI. Le feuilleton continue donc, mais comme le brave fini toujours par dompter les forces du mal, restons positif et constructif.

Tawakkal

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De nationalité ivoirienne, je réponds au nom de Tawakkal DIAKITE. Je suis passionné de l'art du leadership. Plus d'infos dans la rubrique "A propos de moi" dans mon blog.

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