J’ai passé ce week-end à plancher avec des camarades sur les textes de notre confédération « Jeunesses Sans Frontières ». C’était au cours de la Pré-Assemblée de cette structure. Car son Assemblée Générale prévu le 07 Décembre prochain doit consacrer  en autres le toilettage de ses textes. Alors qu’on s’y attendait le moins, cette occasion à  réveiller un débat d’actualité sous nos tropiques : jeune, jeune-vieux ou vieux-jeune.

Au nombre des articles étudiés par le Comité chargé du toilettage des textes, figure celui-ci : « Pour être membre de JSF, il faut être âgé de 18 ans au moins, pas d’âge limite. Cependant pour être Président de l’association ou Président d’une coordination communale, il faut être âgé de 33 ans maximum, au moment de l’élection. ». En ma qualité de président de séance de cette Pré-Assemblée, je ne m’attendais pas à ce que ce point suscite des débats. Mais je faisais erreur, car celui a été l’objet des échanges les plus animés. En effet la proposition du Comité a été guidée par le fait qu’il faille laisser de la place pour les Hommes de tout âge, tant qu’ils sont majeurs et disposent de leurs facultés humaines. En ce sens que toutes organisations à besoin de la ressource adulte. Cependant quant aux premiers responsables de la structure, ils devraient restés dans la tranche d’âge des jeunes, c’est-à-dire 35 ans au maximum.

Pour une partie de l’assemblée, cette mesure devrait être révisée car très radicale. Quoiqu’ils ne soient pas opposés à la notion de limite d’âge, ceux-ci estimaient que jusqu’à 40 ans les Ivoiriens étaient encore jeunes, beaucoup sont encore sur les bancs de l’université à cet âge. Les arguments se suivaient et étaient soutenus par des illustrations. Relatant les propos d’un employé de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, qu’il a rencontré en 2009 pour une demande de visa, l’un des participants lança : « En général jusqu’à 40 ans l’Africain n’est pas encore mature, il raisonne et se comporte encore comme un gamin… il ne faut donc pas se baser sur les standards internationaux, mais tenir compte de nos réalités spécifiques. ». Cette réactions suscita de vives réactions appelant à dire non à l’injure ainsi faite aux Africains, eux qui jusqu’à 40 ans réfléchiraient et se comporteraient comme des gamins. Au-delà de ces réactions aux extrêmes, d’autres plus conciliantes se faisaient entendre. Notamment celles faisant valoir le fait que nous jeunes, devions donner l’exemple en nous conformant aux normes régissant la jeunesse. A la suite d’une demi-heure de débat, cet article a été amendé puis adopté comme suit : « Pour être membre de JSF, il faut être âgé de 18 ans au moins, pas d’âge limite. Cependant pour être Président de l’association ou Président d’une coordination communale, il faut être âgé de 35 ans maximum, au moment de l’élection. ». Cette formulation a calmé les ardeurs des uns et des autres, et les débats ont pu se poursuivent dans la sérénité. Mais pour tous ceux qui suivent l’actualité Ivoirienne, ce débat rappelle un épisode récent de notre histoire : le débat des vieux-jeune et jeune-vieux qui a éclata au PDCI. Certains participants à notre Pré-Assemblée n’ont d’ailleurs pas manqué de rappeler cela avec un certain humour.

On se souvient encore en effet des partisans et adversaires du Président Henri Konan BEDIE, s’empoignant sur la question de la limite d’âge pour être Président du PDCI. Les premiers trouvaient que les 79 ans du Président sortant n’était pas un obstacle, mais plutôt un atout dans la redynamisation du parti ; tandis que les derniers évoquaient avec insistance les textes du parti qui fixe la limite d’âge à 75 ans. Le congrès a finalement adopté la levée de la limite d’âge avant l’élection, et le Président BEDIE a été reconduit à la tête du PDCI avec un score  de 93,29% des suffrages. Toutefois ce score à la soviétique ne doit pas voiler le débat de fond sur cette question de la limite d’âge ; celui de l’impérieux renouvellement de génération. Car si personne ne remet en cause la nécessité d’un passage de flambeau entre les vieilles et les jeunes générations, les moyens pour y arriver sont très souvent opposés selon les intérêts qui sont en jeu. Pour ma part sans  m’étaler pour l’instant sur ce débat de fond, j’estime qu’il faut agir avec sagesse, c’est-à-dire la compréhension de la nécessité de relais, de la circulation des élites qui est vitale pour tout changement et progrès sociétaux, et donc de la notion de temps et de sa délimitation dans l’exercice du pouvoir ainsi que de sa transmission intergénérationnelle.

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tawakkal
De nationalité ivoirienne, je réponds au nom de Tawakkal DIAKITE. Je suis passionné de l'art du leadership. Plus d'infos dans la rubrique "A propos de moi" dans mon blog.

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