• Accueil
  • Mes expériences
  • Contributions
  • Chroniques de Fakerissa
  • A propos de moi…
Leader un jour, leader toujours!?
Article : Côte d’Ivoire : Dois-tu t’inquiéter des pas incertains du PDCI ?
Contributions
1
5 mars 2015

Côte d’Ivoire : Dois-tu t’inquiéter des pas incertains du PDCI ?

C’est à juste titre que ses pionniers ont fait figurer l’éléphant en bonne place sur son logo. Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est devenu un mastodonte du paysage politique Ivoirien. Du haut des expériences de ses 40 ans de gestion du pouvoir, en passant par le long épisode du parti unique voire parti Etat, l’histoire du pays s’est très souvent confondue à celui de ce grand parti. Et même à ce jour, l’héritage et le rayonnement du PDCI sont loin d’une brutale extinction. Cependant, si marcher derrière un éléphant épargne de la rosée, se trouver dans ses environs lors de sa déstabilisation et/ou sa chute peut s’avérer être d’une extrême dangerosité. C’est en cela que la situation interne au PDCI doit intéresser les observateurs que nous sommes.

Le PDCI a réalisé de grandes choses pour la Côte d’Ivoire ; cela est indéniable. Il faut toujours s’en souvenir et tirer le chapeau pour nos bâtisseurs, à la tête desquels le père-fondateur Félix Houphouet BOIGNY. Mais contrairement à ce que voudrait certains laudateurs, il faut admettre que ce parti a également fait beaucoup de tords à notre pays. Si bien que nous n’avons pas encore fini de ramasser la merde déversée par le vieux parti. La vieillesse a ses déboires. Et oui ! C’est bien les barons du PDCI qui ont institutionnalisé le pillage des deniers publics, ces grilleurs d’arachides dont Ali Baba tolérait la sale besogne, parce qu’ils étaient à l’image de lui et ses 40 voleurs. Dès lors la crise des valeurs n’a fait que s’approfondir. Vous voulez quoi ? C’est bien sûr par sa tête que le poisson commence par pourrir. Et comme le dit un adage Ivoirien : « Quand ça va pourrir, on va sentir. » ça pourrit et non avons senti, abondamment même. La guerre pour la succession du vieux est passé par là, ne parlons même pas de l’accentuation des difficultés socioéconomiques. Et pour ne rien arrangé, le PDCI ne s’est pas empêché de gangrener le climat politique avec le concept xénophobe de l’ivoirité. S’en suit le 1er coup d’Etat de l’histoire de notre pays ; certes contre le PDCI, mais aussi un fait à mettre au passif de celui-ci. Nous voilà de pleins pieds, et ce pour longtemps dans une ère impitoyable d’instabilité. Les Ivoiriens en ont vu de tous les couleurs. Mais une décennie plus tard, nous renouons avec l’espoir d’une stabilité. Pendant ce temps le truand est devant le 1er des sages. Des ennemis sont devenus intimes. Et « l’étranger » a remplacé « le fils du pays ». Alléluha, le Seigneur est merveilleux !

Dans cette Nième ère nouvelle qui s’ouvre, il est normal et légitime que le PDCI aspire à retrouver le fauteuil présidentiel. Personne ne leur en voudra pour cette ambition. C’est plutôt le spectacle désolant auquel nous assistons dans cette perspective qui est préoccupant. De plus en plus les voix discordantes de celle du Sphinx de Daoukro sont étouffées, les scores soviétiques reviennent en puissance. Les nostalgiques du parti unique ont-ils optés pour la pensée unique ? Conséquence ; les poings s’expriment davantage que les bouches. Soit la maison du parti se transforment en Ring, soit certains y sont interdits d’accès. Ça ne vole plus haut, et très souvent cela signifie aussi que ça ne volera plus pour longtemps. Mais tout ceci demeure la cuisine interne au PDCI et l’autre dira qu’il s’en bat les couilles. Sauf que là où le citoyen lambda se sent interpellé, c’est quand le PDCI pense s’offrir le retour au pouvoir en 2020 aux moyens de petits arrangements politico-financiers. Que le PDCI, sinon le PDCI version Bédié décide de soutenir le Président Alassane OUATTARA pendant les prochaines élections, cela reste leur décision, qu’il convient respecter. Parce qu’il ne faut pas non plus verser dans la démagogie, les alliances existent dans toutes les démocraties. Mais de là à en tirer des conclusions comme pour prendre le fauteuil présidentiel en otage, il y a de quoi s’interroger sur les conséquences de cette manœuvre. En agissant ainsi, les habitués des guerres de succession ne nous propulsent-ils pas vers une nouvelle guerre plus complexe ? Qu’adviendra-t-il du sort de notre nation convalescence si au soir des deux mandats du Président OUATTARA elle devrait retomber dans une féroce guerre de leadership ?

Tu dois t’en inquiéter !

Pourquoi ?

Je m’en vais te l’expliquer :

1-        L’obstination dont fait preuve les promoteurs de ce projet est à l’image des « Jusqu’au boutistes » de la classe politique Ivoirienne. Une tendance que je dénonce, tant elle a déjà fait assez de mal à la Côte d’Ivoire. Voilà des personnes qui sont prêts à tout pour réaliser leurs projets. Quitte à plonger le pays dans le gouffre. Demain lorsqu’ils se rendront compte que leur rêve ne se réalisera pas aussi facilement qu’espéré, ils deviendront comme des lions blessés.

2-        Comme aujourd’hui, ce projet sera davantage contesté demain de part et d’autre. Parce que des nouveaux acteurs s’inviteront dans le débat et ne reconnaitront pas dans les petits accords d’arrière-cours passé entre X et Y. La Côte d’Ivoire n’est pas figée.

3-        A moins que le bilan du Président ne soit extraordinairement excellent, ce qui n’est pas le cas pour l’instant, au soir de ses 2 mandats le peuple voudra un changement. C’est-à-dire tourner la page de cette coalition RHDP qui n’aurait pas été à la hauteur de leurs espérances. Une perspective qui mettrait en mal les projets de nos architectes du PDCI.

4-        En 2020 le Front Populaire Ivoirien (FPI) redeviendra plus fréquentable, de nouvelles alliances significatives pourront alors voir le jour. Peut-être avec le PDCI, le RDR ou autre parti. Cette classe politique est capable de tout. Comme quoi nul ne peut affirmer avec certitude ce dont demain sera fait.

Toutefois, il ne faut pas s’alarmer outre mesure. Car l’émergence d’une génération nouvelle d’hommes politiques ne fait plus mystère de l’enclenchement prochain d’une relève générationnelle. Bon gré, mal gré, cette vieille classe politique devra faire ses valises. Les disques durs seront formatés pour que leurs logiciels archaïques cèdent la place aux logiciels de dernière génération. Se faisant le débat sera définitivement recentrer autour des valeurs intrinsèques des acteurs et non autour d’un quelconque appel. Donc en définitive tu dois croire et œuvrer pour un avenir meilleur, différent de ce qu’un groupuscule griffonne loin de toi et aux antipodes de ta profonde volonté de rupture.

A bon entendeur, salut !!!

Tawakkal

Lire la suite
Article : Burundi : Et le messie Rugurika apparut!
Contributions
0
26 février 2015

Burundi : Et le messie Rugurika apparut!

Comme la quasi-totalité des messies et prophètes avant lui, il a commencé par faire des révélations. Il a dit des choses nouvelles, qui n’ont laissé personne indifférent. Ses propos ont fait des adhérents, des curieux et des farouches détracteurs.

A l’instar de ses prédécesseurs, ses initiatives furent de lui la cible de persécution. N’est-ce pas que nombre d’apôtres du changement ont dû se sacrifier pour leur cause ?

Celui qui voulait contribuer à faire la lumière au sujet de l’assassinat des trois religieuses Italiennes survenu en septembre 2014 au Burundi s’est très vite retrouvé lui-même accusé de « complicité d’assassinat, violation du secret de l’instruction, etc… ». Le monde à l’envers.

Bob Rugurika ; c’est de lui qu’il s’agit, est le Directeur de la Radio Publique Africaine. La plupart d’entre nous, loin du quotidien du Burundi ne l’ont découvert que lorsque les reportages diffusés par sa radio prenaient le contre-pied de l’enquête officielle relative à ce triple homicide. En fait la RPA a diffusé les aveux d’un homme se présentant comme l’un des acteurs de cet assassinat, et dont les témoignages mettent en cause de hauts responsables des services secrets Burundais. Il n’en fallait pas plus pour que les autorités Burundaises fassent appelle à leurs appareils répressifs : Bob Rugurika est incarcéré le 20 janvier 2015. Au lieu d’explorer sérieusement les pistes fournies par cette source, ils ont décidé de la faire taire. Comme si casser son thermomètre suffirait pour faire baisser la température du malade.

Nombre de dirigeants sous nos tropiques n’ont pas encore compris que le temps où le bâton seul pouvait sauver un pouvoir est révolu. Sans justice, et ni transparence, tout régime court inexorablement vers s sa chute ; ce n’est qu’une question de temps. Dès lors la mobilisation pour la libération de Rugurika ne faisait que grandir. Tous se sont érigés en avocat de Rugurika pour dénoncer cette Nième dérive. Au point où la prison de Muramvya (située à 50 km à l’est de Bujumbura) où il était détenu devint un lieu de pèlerinage. Des dizaines de personnes s’y rendant chaque jour pour disent-ils soutenir Rugurika. Des signaux vite compris par les autorités, puisqu’après quelques tergiversations, ceux-ci lui ont accordé la liberté sous caution le 19 février 2015, suite à une décision rendue la veille par la cour d’appel. Dès le jour même de cette décision, le ministre de l’Intérieur Edouard Nduwimana interdisait toute manifestation dans une mise en garde très ferme. Peine perdue. Car malgré les instructions laissées aux forces de l’ordre, celles-ci ont très tôt été débordées par l’ampleur de la mobilisation citoyenne. Ce sont des dizaines de milliers de personnes – enfants, femmes, hommes, chômeurs, et des fonctionnaires – qui prirent d’assaut les rues de Bujumbura. L’unanimité des commentaires voudrait que ce rassemblement spontané soit une grande première dans le Burundi indépendant. Comme touché par « l’esprit » prôné par un messie, ces populations sorties massivement se sentaient comme débarrasser des liens qui les assujettissaient depuis des décennies. Nous avons pu lire et entendre des commentaires enthousiastes, peut-être un peu trop enthousiaste même. Mais exprimant tous leur dépit pour le système et leur espérance pour un changement profond. Comme quoi il ne faut pas grand-chose à un peuple opprimé pour rompre ses chaînes. C’est en ce sens que Bob Rugurika peut s’apparenter à un porteur de bonnes nouvelles, un catalyseur d’espérances et de changement : un messie. Celui qui conduira le peuple Burundais vers sa terre promise, ou qui contribuera à le mettre sur cette voie. C’est une Nième preuve si besoin l’était encore qu’il n’y pas d’alternative à l’impératif d’un leadership vrai et constructif.

Cela dit, Bob Rugurika sera-t-il le messie des Burundais pour la restauration de la démocratie et des valeurs républicaines ? De l’image à la réalité, le fossé peut s’avérer colossal. Surtout dans l’impitoyable et imprévisible jungle politique. Quoiqu’il en soit je parie qu’il y a déjà réfléchis. Mais ma foi le plus important est ailleurs ; et il ne faut point perdre de vue l’essentiel. L’essentiel ici réside dans la capacité du peuple Burundais à capitaliser sur cette dynamique de veille pour se faire entendre et respecter. Car de toute évidence les chantiers pour le rayonnement d’un Etat de droit sont nombreux et vastes. C’est dire que la partie ne fait que commencer ; à vos marques !!!

Lire la suite
Article : CAN 2015 : Deux mots pour ce deuxième sacre des Eléphants de Côte d’Ivoire
Mes expériences
0
17 février 2015

CAN 2015 : Deux mots pour ce deuxième sacre des Eléphants de Côte d’Ivoire

Rares sont ceux et celles des Ivoiriens qui doutaient encore de la portée du sport, plus singulièrement du Football. Tant cette discipline sportive a concouru au renforcement de la cohésion sociale et à la dynamique de réconciliation. Mieux que tous, le football l’a fait. Même les extrémistes politiques n’ont eu cette fois le choix qu’entre deux choses inconfortables pour eux : célébrer ou la fermer.

L’attente de ce deuxième sacre a été si pénible que sa célébration fut encore plus intense. Nos ainés nous racontaient leur expérience de Sénégal 1992, nous avons eu maintenant la nôtre. Des scènes surréalistes que nous aussi n’oublieront pas de sitôt. Et dont nous serons les éloquents narrateurs en attendant le prochain sacre, qui sera synonyme de la « Nationalisation » de dame coupe. C’est-à-dire qu’elle deviendrait ainsi Patrimoine de la nation Ivoirienne. Ici on n’arrête surtout pas de rêver.

https://www.youtube.com/watcMzRh?v=-ILekoW8

Cette victoire face au Ghana aux relents de répétitions de l’histoire de 1992 a été encore plus impressionnante. En effet depuis les quarts de finale de cette Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2015, des voix s’élevaient pour dire que l’histoire de 92 se répéterait. Il fallait être Ivoirien pour y croire, parce qu’après tant d’espoirs déchus, ce n’était pas gagné d’avance.

Vient la date du 8 février 2015, au stade International de Bata, à l’affiche Côte d’Ivoire vs Ghana. Au terme des 90 min, un score vierge. Comme en  92. Place aux prolongations ; score toujours vierge comme en 92. C’est le moment ou tous sont désormais convaincus que le sort de cette finale se jouera comme 1992 aux tirs au but. Mais en faveur de qui ? Question !

Quand les deux premiers tireurs Ivoiriens ont raté leurs tirs au but, la messe semblait être dite. En attestait l’abattement perceptible sur les visages de tous les supporteurs Ivoiriens, mais aussi l’enchantement sur celui des Ghanéens. N’est pas là la cruauté de notre vie ? Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Même l’impassible Hervé Renard, sélectionneur des Eléphants de Côte d’Ivoire, n’a pu voiler ses sentiments en ce moment précis. Chaque Ivoirien se disait en cet instant précis que pour la 3ième fois nous perdons une finale par les tirs au but, quelle malédiction !!!

Et coup du sort, comme pour donner raison à la théorie de la répétition de l’histoire de 92, les Eléphants reviennent à la hauteur des Ghanéens. Viennent enfin l’arrêt et le tir libérateur de portier Copa. Fabuleux et  magnifique !!! Je ne vous dirai pas ce que j’ai fait personnellement pour célébrer cette victoire, mais celui qui devinera aura un trophée, comme quoi la CAN continue encore 🙂 🙂 :).

Tawakkal

Lire la suite
Article : Récit d’une inoubliable expérience du Nêguêsso (Vélo)
Mes expériences
0
17 février 2015

Récit d’une inoubliable expérience du Nêguêsso (Vélo)

Il y a maintenant trois décennies, dans le milieu semi-urbain ou semi-rural qui nous vu grandir, nous avons découvert le vélo. Appelé en dialecte local, en Malinké, « Nêguêsso » (1),  le vélo a été pour nous une grande fascination. Car toutes les concessions ne possédaient pas un vélo, et celles qui en disposaient devaient savoir s’en servir.

En Côte d’Ivoire, comme dans la plupart des pays de la sous-région ouest-africaine, une grande partie de sa population vit d’activités  informelles, telles que l’agriculture et l’artisanat. Cette réalité était plus prégnante dans notre cité, située dans le centre-ouest du pays, ; c’était un réservoir de matières premières et de produits vivriers.  Cette brave et dynamique population avait trouvé un allié de taille pour vaguer à ses occupations : le vélo. Matins et soirs, ces bicycles défilaient sur les routes des champs et des marchés. Ici, les vélos servaient essentiellement à parcourir de longues distances, et à transporter les bagages, au point que la plupart de ces vélos subissaient des modifications plus ou moins importantes pour s’adapter aux besoins des usagers. Notamment, les roues arrière étaient « blindées », tandis que les porte-bagages étaient élargis et consolidés. Se faisant, certains transportaient deux  personnes sur leurs nêguêso le matin, et revenaient le soir du champ avec des chargements impressionnants de poids. Et parfois, en plus de cette charge, certains conducteurs se permettaient d’embarquer une personne sur le tronc du nêguêsso. Impressionnant et séduisant.

Jeunes écoliers, le vélo était tout aussi présent à l’école. Quelques rares personnes se faisaient déposer en voiture ou en mobylette, un plus grand nombre en vélo, mais la majorité écrasante empruntait le « 11 ». C’est-à-dire qu’elle marchait. Pendant ce temps, une race rare d’écoliers venait à vélo, garait leur bicycle dans la cour de l’établissement et se rendait en cours. Des vélos bizarres qui n’avaient pas de porte-bagages, constataient leurs camarades incrédules. Certainement qu’ils étaient méchants : en enlevant leurs porte-bagages, ils ne s’encombreraient pas à prendre leurs camarades sur leurs vélos, ni à justifier leurs refus. Mais tous ces préjugés s’envolaient lorsque l’illustre détenteur de vélo leurs permettaient de faire « un tour » le temps d’une récréation. « Un tour », entendez un tour à vélo. C’est le moment ou tous cherchent à rentrer dans les bonnes grâces du propriétaire de vélo, même ceux qui ne savent pas conduire veulent s’essayer pour découvrir l’effet que ça fait de se trouver derrière le guidon. Des moments magiques pour les impétrants.

A l’adolescence, chacun a eu l’occasion d’avoir un vélo à sa disposition et a appris à rouler. En réalité c’était un défi pour tous les jeunes hommes que de savoir faire du vélo. Une règle non écrite, mais très répandue. Ceux qui ne savent pas le faire se cachent, les autres ne manquent aucune occasion pour exhiber leurs talents de super-pilotes -surtout devant les jeunes filles, parade amoureuse oblige. Certains apprennent facilement, d’autres péniblement. Mais une constance : l’audace paie. Pour savoir rouler à vélo, l’apprenant est invité à oser, à ne pas craindre la chute ni la blessure. Un théorème stipulait même que : « Nul ne peut dompter le vélo sans avoir préalablement subit une blessure de celui-ci. » Chaque apprenant attendait donc avec anxiété sa blessure de vélo. Et, comme si le théorème était fondé, cela nous arrivait toujours. Et quand venait le jour de l’exploit, c’était un grand événement pour lui. Les autres ne s’en rendaient forcément pas compte, mais le concerné avait toutes les raisons de se voir aux anges. Fini les frustrations et les humiliations. Lui aussi pouvait désormais parader devant les jeunes filles, et les embarquer dès qu’elles laissaient apparaître un brin de souhait. Car, à cet âge, les vélos servent aussi à ça. Prendre à bord les jeunes filles, rouler à vive allure, se jeter dans des crevasses, donner de violents coup de freins, pour qu’elles  s’accrochent solidement au pilote en abandonnant leurs atouts naturels sur le dos attentionné de celui-ci.

Velo-gaminn

Ici, le vélodemeure essentiellement masculin, mais aussi majoritairement utilisé par les classes basses. Les classes aisées les utilisent, certes, mais le plus souvent comme jouets pour leurs enfants ou comme moyen de déplacement pour leurs domestiques. Pour résumer, on dira que les uns jouent avec l’outil de travail des autres. Il y a les uns et les autres, pour reprendre un adage populaire par ici.  Ce rapport au vélo est toujours d’actualité. En effet, en dépit de quelques rares usages sportifs professionnels, le vélo demeure cantonné aux zones rurales et il est aujourd’hui délaissé aux classes les plus défavorisées. Car avec l’arrivée des motos à coûts réduits sur le marché, la plupart des ménages ayant auparavant des vélos s’orientent vers  ces engins motorisés, au point où ces motos ont envahis la plupart des campagnes. Et dans les capitales urbaines, le vélo se fait très rare. Seul quelques artisans et personnels domestiques (vigiles, jardiniers, cuisiniers) les utilisent dans une ville comme Abidjan. En effet, dans les grandes villes, le vélo s’apparente plus à un danger qu’à un outil, tant les voies de circulation ne se prêtent guère à sa pratique à cause de l’urbanisation sauvage. La combinaison des facteurs susmentionnés ne laissent  pas présager d’un quelconque avenir pour le vélo sous nos tropiques. Mais tout espoir n’est peut-être pas encore perdu. Un sursaut collectif de nostalgiques et/ou d’amoureux du vélo pourrait un jour sauver ce sort presque scellé du Nêguêsso.

Tawakkal

(1) – Littéralement traduit du Malinké, « Nêguêsso » signifie « Asile du fer » ou « Foyer du fer ». Cela pour exprimer le fait qu’il est majoritairement constitué de cette matière.

Lire la suite
Article : Mes réponses aux 7 contre-vérités du Porte-parole de M. Konan BANNY
Mes expériences
2
5 octobre 2014

Mes réponses aux 7 contre-vérités du Porte-parole de M. Konan BANNY

Ce 2 Octobre 2014, alors que Radio France Internationale (RFI) organisait un débat sur le bilan de l’action de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR), j’ai donné mon avis sur la question sur mon mur Facebook comme je le fais régulièrement sur les questions d’actualité. Mais cette fois j’ai identifié M. SRAN Kouassi Franck, Porte-parole du Président de cette CDVR dans mon statut. Il ne fallait pas plus pour que le griot de BANNY vienne s’acharner sur mes écrits, à coup de contre-vérités savamment concoctées. Vous voulez quoi ? C’est son Job ! Défendre le travail et l’image de son Patron, vaille que vaille. Mais sachez que je ne mangerai pas de cette herbe nocive à la stabilité sociopolitique de ma chère Côte d’Ivoire. Je m’en vais donc démonter ses 7 contre-vérités :

Prenez connaissances de la conversation afin de mieux comprendre ce qui suit :

(En rouge les propos de M. SRAN, en bleu les miens)

Conversation facebook

Prenez connaissances de la conversation sur mon profil facebook  afin de mieux comprendre ce qui suit :

(En rouge les propos de M. SRAN, en bleu les miens)

1-) Je ne suis pas surpris de ta réaction, que dis je, de ton impertinence et de ton arrogance.
C’est la somme des attitudes comme la tienne qui ont généré dans notre pays, la crise. La crise a, à son tour mué en conflits violents, lesquels conflits ont causé de nombreuses victimes. Ce sont ces victimes-là (1990-2011), que la CDVR a été chargée d’identifier ! (…)

Ils sont passés maître dans la création d’écrans de fumée ; ils adorent nous mystifier avec des concepts dont eux-mêmes n’ont que visiblement peu de connaissances ; ces dirigeants de la CDVR. Sinon la Côte d’Ivoire a connu ces crises parce que des institutions comme la leur ont failli. Pour ma part je ne fais que des constats et les expriment avec les mots que j’assume pleinement. Je dis et je répète : le fait que l’action de la CDVR devienne l’objet d’interminables polémiques témoigne de l’échec de sa conduite. Quand on est incapable de susciter le consensus autour d’un projet si important, mieux vaut déposer l’éponge dans l’honneur et partir faire valoir ses compétences ailleurs. se faire Inutile de se défendre face à cette évidence. Mais de façon constructive je propose l’organisation d’un sondage suivi d’un rassemblement des forces vives. C’est ça l’impertinence et l’arrogance ? Orgueil et mauvaise foi ; quand vous nous tenez.

2-) Cela se voit encore une fois que tu ne sais pas grand’chose de la mission de la CDVR. Dans une certaine mesure, c’est ton droit, même de ne pas comprendre… Mais ça ne fait pas correct et sérieux d’émettre des jugements de valeur sur un travail qu’on ne connaît pas. J’insiste.
Ah, j’oubliais. Ces dirigeants éclairés de notre chère CDVR adorent également se réfugier derrière leurs supposées missions que nous ne pourrions pas comprendre. Et il insiste. Quoi de plus normal ? Un mensonge répété mille fois ne devient-il pas vérité ?

Sinon les missions de cette CDVR sont bien comprises. Pour ceux qui les ignorent encore, il suffit de visiter www.cdvr.ci . C’est la manière dont celles-ci sont accomplies que nous jugeons maladroite ; donc pose problème. Dire que les audiences « dites publiques » n’étaient ni ouvertes ni transparentes, c’est appeler le chat par son nom. Et il faut avoir des lunettes en bois pour ne pas voir l’amateurisme et l’improvisation dont cette institution a fait preuve tout au long de son existence. Ou il faut être salarié de la CDVR pour ne pas s’en rendre compte.

3-) Cela étant, mon frère Diakité, je voudrais attirer ton attention sur le fait que le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, recevant en fin 2013 le rapport de la Commission, à la fin de ces 2 premières années d’activités, a dit de M. Banny et de la CDVR (je cite) « qu’ils avaient accompli un travail impressionnant ».
C’est donc pour cette raison massive qu’un temps additionnel de 12 mois a été accordé à la CDVR pour achever les activités qui restaient à exécuter.

Voilà quelqu’un qui nous prend vraiment pour des dupes. Comme ça parce que le président a dit qu’un travail impressionnant avait été abattu que nous devrons tous la boucler et applaudir la CDVR des deux mains et des deux pieds. Trop facile. D’ailleurs la notion de travail impressionnant demeure tellement subjective. Mais ne jouons pas les mauvaises langues, supposons que le Président pensait sincèrement ce qu’il disait lors de cette cérémonie.

A la veille de celle-ci, nous avons demandé au président, arguments à l’appui, de ne pas reconduire M. Konan BANNY dans cette mission noble de réconciliation. Et nous avons fait parvenir copie de cette requête à la CDVR. J’imagine qu’ils l’ont déchiré dès réception. Puisque nous n’avions eu la moindre suite. Or nous avions espéré mieux de la CDVR, hélas à tort.

Personnellement je n’accuse pas la CDVR d’être la seule responsable des mauvais résultats, mais aussi et surtout le Président Alassane Ouattara. Les Ivoiriens l’ont voté davantage dans l’espoir de les réconcilier, que de venir nous distribuer des milliards. Il est donc inacceptable qu’il laisse ce processus crucial produire des résultats si médiocres.

4-) Avant le chef de l’Exécutif ivoirien, c’était le tour de l’ancien SG de lONU Koffi ANNAN, de passage à Abidjan, de féliciter et d’encourager la CDVR pour le travail « scientifique et méthodique accompli…. »
Le dénominateur commun de tous ces adeptes de la malhonnêteté intellectuelle est qu’ils ont une mémoire sélective. Sinon je me souviens que d’autres personnes ont eu des mots moins sympathiques à l’endroit de la CDVR. Au nombre desquels Me Patrick Baudouin, le président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), qui a fait le déplacement jusqu’à à Abidjan pour tenir des mots très durs à l’endroit de la CDVR. Qui selon ses termes n’a œuvré que trop peu pour la réconciliation. Pourquoi notre Porte-parole n’en fait pas écho ? Vous avez tout compris, le métier est dur. Il faut montrer la partie qui nous arrange. Monsieur, comprenez que cette comédie n’amuse plus les Ivoiriens.

5-) Alors Diakité, ton opinion serait importante et ta proposition ne serait pas farfelue, si tu émettais des avis objectifs et donc pertinents…Or donc !!!!
Dans quel monde vivant nous ? Or donc l’organisation d’un sondage doit se fonder sur des faits objectifs. C’est dire combien certains sont peu cultivés, ignorant même le bienfondé du concept de sondage.

En plus ils se targuent de faire un travail scientifique et méthodique, alors qu’ils n’ont même pas prévu un sondage à l’issu de celui-ci pour évaluer sa portée. Et contrarié par une proposition des plus opportunes, il la qualifie de farfelue. De quoi les gens ont si peur ? De la vérité, j’imagine aisément.
6-) Je termine en t’informant que la CDVR connaît l’opinion des ivoiriens sur sa mission. Elle les a consultés avec le précieux concours des ONG de la société civile (regroupées en 32 plateformes) en deux opérations nationales, d’abord de janvier à fin février 2013, ensuite du 21 août au 21 septembre de la meme année.
Les résultats ont été rendus publics. Et c’est sur la base de ces résultats, diffusés partout, notamment auprès des Partis politiques de notre pays, que la CDVR a mené à terme et avec succès, la fin des opérations prévues dans son plan d’action.
Je ne doute pas du fait que la CDVR connaisse l’opinion des Ivoiriens sur sa mission. En effet pour avoir vu dans plusieurs localités comment ceux-ci se mobilisaient très peu lors des activités de la CDVR, l’évidence saute à l’œil. S’acclamer mutuellement dans un cercle d’ami ne change rien à l’implacable réalité de l’impopularité des procédés de la CDVR. Une popularité qui s’est finalement muée en une indifférence. Dernière réaction en date, celle du Président du Collectif des victimes en Côté d’Ivoire, une association qui existe depuis 2001. Ce dernier déclarait que la CDVR a failli à sa mission. Voilà un farfelue de plus, dira l’autre. Mais je crois qu’il faut être sérieux et respecter les Ivoiriens. C’est répugnant de faire comme si tout allait comme sur des rails. Et que toutes ses critiques, même celles venant de l’intérieur de la CDVR n’étaient que l’œuvre d’une bande marginale de détraqués. Et nous aurions été si détraqués que nous n’aurions pas découragé ceux qui voulaient marcher à l’époque sur la CDVR d’abandonner leur projet. « Dérive inacceptable », c’est le mot que j’ai utilisé à l’époque. Parce que nous croyions que d’autres alternatives constructives demeurent.
7-) Mais hélas toi, tu ne sais rien de tout cela. Ou bien tu fais exprès de ne rien savoir. Si tel est le cas, ce serait bien dommage ! Et je n’aurais donc plus aucune raison de me fatiguer à te parler.
Dieu nous garde mon frère Diakité
Bonne fin de journée !

Celui qui fait semblant ici c’est celui dont le travail consiste à fabriqués des contre-vérités et à la servir froidement aux populations qui ne demandaient qu’à être écoutées et associées sans discrimination à la construction d’une Côte d’Ivoire nouvelle.

Pour ma part, je m’engage à :

–          Dire à ses fainéants qu’ils feraient mieux de céder la place aux bosseurs tandis qu’il est encore temps ;

–          Faire comprendre aux corrompus qu’ils ne pourront pas continuer éternellement à nous voler ;

–          Dire aux fossoyeurs de la République que leur règne tire vers sa fin ;

–          Agir, agir et agir.

Et tant que les choses ne changeront pas, dans le sens d’une société en phase avec les valeurs fondamentales, il en sera ainsi.

N’est pas qu’à chaque génération son combat.

Nous y sommes!!!

DIAKITE Tawakkal

Lire la suite
Article : Retour de l’église dans les arènes politiques en Afrique : un joueur de trop
Editorial
2
20 septembre 2014

Retour de l’église dans les arènes politiques en Afrique : un joueur de trop

Dans mon pays la Côte d’Ivoire, en 2010 l’église, toutes tendances confondues s’est retrouvée au cœur de la crise postélectorale. Les tentatives de médiation de l’église catholique entre les camps Gbagbo et Ouattara ont fait couler beaucoup d’encres et de salives de part et d’autre. Aujourd’hui, le représentant de l’église catholique à la Commission Électorale Indépendante (CEI), L’Abbé Boni Boni, s’est retiré après le retrait de l’opposition et de la société civile. Dit-il, pour favoriser la participation de tous les fils du pays.

Au Burkina Faso, le clergé a vertement prit position contre la révision de la constitution envisagé par le parti au pouvoir.

En république Démocratique du Congo, l’église catholique a décidé d’aller plus loin que d’habitude. Non seulement elle exprime sa désapprobation vis-à-vis du projet de révision constitutionnelle qu’elle soupçonne, mais elle appelle tous les curés et les catéchistes du pays à véhiculer son message et à sensibiliser les chrétiens dans les églises pour qu’ils se mobilisent contre toute tentative de modification de l’article 220. Un nouveau cap est franchi dans l’Afrique de l’après indépendance.

Du Benin au Burundi, en passant par le Sénégal, etc… l’église catholique se fait remarquer de plus en plus par ses prises de positions sur la gouvernance des Etats et le déroulement des processus électoraux. Certains trouvent que l’église sort de son rôle, elle s’en défend bien entendu, et de manière fort bien convaincante. Interroger dernièrement sur Radio France Internationale (RFI) à savoir si l’église n’était pas dans le rôle de l’opposition, Monseigneur Fridolin Ambongo, (président de la commission Justice et paix de la Conférence épiscopale nationale congolaise, la CENCO) répondit ainsi « L’Église catholique a toujours joué un rôle prophétique, indépendamment de la position de l’opposition. Quand il y a un danger qui pointe à l’horizon, c’est le rôle du prophète d’attirer l’attention en sonnant l’alarme. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. » A vos commentaires !

Pour ma part je constate comme tous cette progression dans la position de l’église. Je suis aussi d’accord avec la mission des prophètes qui doivent attirer l’attention de la communauté, nous constatons que nos prophètes ne semblent que découvrir aujourd’hui les problèmes que nous vivons depuis des décennies. Pourquoi une prise de conscience et d’initiative si tardive ? Quelles conséquences cela peut-il engendrer ?

Si le clergé pousse le bouchon plus loin, le risque serait de se retrouver malgré ses « bonnes intentions » dans l’arène politique, et d’être par conséquent traité comme tel, sans aucune garantie d’ailleurs sur l’issue de ses actions. Car dans une telle perspective l’un des gros défis pour l’église serait déjà de parler d’une seule voix ; de tenir dans le temps une position commune. Au lieu de contribuer à unir le peuple, et promouvoir la démocratie, l’église pourrait devenir un vecteur de division et de conflit plus ou moins grave. En effet sachant qu’il existe d’autres communautés, l’équation deviendrait certainement plus complexe si les autres communautés venaient elles aussi à donner des mots d’ordre opposés. Par ailleurs dans d’autres pays comme le Sénégal, c’est la communauté musulmane, les mourides plus précisément, qui s’adonnent à ce jeu dangereux. Étant un acteur de la société civile, j’encourage toutes les forces vives de la société à s’impliquer pour la promotion de la bonne gouvernance et des valeurs démocratiques. Cependant chacun se doit ma foi de peser avec la bonne balance les POUR et les CONTRE de ses initiatives. En occurrence la montée en première ligne des communautés religieuses créera plus de problèmes qu’elle n’apportera de solutions. Dans un contexte déjà confus par plusieurs facteurs, de tels mélanges de genre rendrait le cocktail plus explosif. Je déconseille donc fortement le clergé dans cette perspective. Sinon demain ce sont les autres communautés qui s’y inviteront. Les communautés ethniques ne tarderont à emboîter ouvertement le pas ; Bonjour la chienlit. Pour nos démocraties embryonnaires, il est bon que ces entités ultra-sensibles se placent au-dessus du marigot et des brouhahas politiques. Si nous y sommes tous embourbés qui viendra nous remorquer ? Si nous parlons tous en même temps qui nous ramènera autour de la table de discussion ?

D’autres actions plus appropriées demeurent à la portée de l’église. Celles-ci rendraient davantage service à la communauté. Il faudrait peut-être que nos prophètes confient davantage la situation au père pour qu’il les inspire mieux, au lieu de se consacrer exclusivement à des jeux politiques et diplomatiques.

Au nom du bon sens, Amen !

Tawakkal

Lire la suite
Article : 19 septembre 2002 : Merci pour ce moment de sursaut démocratique
Contributions
0
19 septembre 2014

19 septembre 2002 : Merci pour ce moment de sursaut démocratique

Témoignons-les reconnaissance et gratitude !

Merci pour votre combat, rendu officiel ce 19 septembre 2012 !

Merci pour avoir pris vos responsabilités, face à un régime qui nous conduisait droit dans l’abîme !

C’est peu de le dire, la Côte d’Ivoire se trouvait au bord du gouffre. Face à cette tragédie qui se jouait sous nos yeux, dans un silence coupable voire complice, il eut fallu oser. Oser dire « NON » à la dictature. Merci  pour ce moment de libération !

En effet, la haine, l’exclusion et la xénophobie était le vecteur de la gouvernance du régime Gbagbo. Non content d’avoir pourchassé opposants et militaires hors des frontières, l’on avait décidé de martyriser les pauvres populations qui avaient eu « le malheur » d’avoir un nom à consonance nordique. Il y avait eu les vrais ivoiriens d’une part, et les faux d’autre part. Ces derniers pouvaient ainsi être brimés, dépouillés, voire tués dans l’indifférence. Notre socialiste en chef s’était muer en bourreau des valeurs d’intégration et de coexistence, quel drame! Le charnier de Yopougon est passé par là, les criminels ont été blanchis et félicités. Les contrôles de faciès, les délits de patronyme, etc… Nombres d’ivoiriens et de personnes vivantes en Côte d’Ivoire ont souffert de ces dérives, les moins chanceux en sont morts. Certains ont dû se résoudre à vivre dans la clandestinité dans leur propre pays, tandis que d’autres, qui en avait la possibilité, sont rentrés dans leurs pays voisins. Laissant derrière eux leurs champs et autres biens, fruits de toute une vie de dur labeur. Quelle tragédie !!!

« Les armes qui se prennent pour la défense d’un peuple qui n’a point d’autre ressource sont miséricordieuses. » Nous enseigna Nicolas Machiavel dans Le Prince, éd. H. Wetstein, 1683, chap. XXVI, p. 223. Il a dit vrai. Les armes prises pour restaurer la justice et la démocratie sont salvatrices. La rébellion qui en fut le vecteur ce 19 septembre 2002 sur les terres d’Eburnie est salutaire. Une révolution exemplaire. L’histoire retiendra dans ses lettres d’or une guerre noble ; menée par des artisans infatigables de la démocratie. Qui au risque de leur vie ont décidé de porter le fardeau de plusieurs millions de citoyens. Encore  Merci  pour ce moment de sursaut démocratique !

Le porte-étendard de ce combat, SORO Kigbafori Guillaume, a convaincu l’opinion de la justesse de cette lutte ; tant ses résultats sont éloquents et palpables. « Les armes se sont imposées à nous et nous avons pris les armes pour réclamer nos cartes d’identité » disait-il. Aujourd’hui ces cartes d’identités sont à la portée de tous, Adieu l’exclusion ! Grâce à cette lutte la Côte d’Ivoire a enterré le concept discriminatoire et xénophobe de l’ivoirité. Cette lutte a permis également l’organisation d’élections libres et transparentes ; les plus démocratiques que nous n’avions jamais connu auparavant. Ces élections ont hélas été l’occasion pour la dictature pour dévoiler sa face la plus hideuse. Permettant ainsi à ceux qui en doutaient encore de découvrir sa vraie et triste nature. La vérité triomphe toujours du mensonge ; le bien du mal ; si bien que la révolution emporta le dictateur à la Cour Pénale Internationale.

Le combat n’est bien entendu pas terminé. Il doit se poursuivre aujourd’hui sous d’autres formes, afin d’assainir l’environnement sociopolitique qui demeure corrompu par des préjugés et considérations partisanes. Nous devons vaille que vaille recentrer le débat autour des valeurs intrinsèques des acteurs.

Au demeurant, inclinons-nous respectueusement devant la mémoire de celles et ceux, acteurs ou victimes collatéraux, qui ont perdu la vie au cours de cette longue traversée du désert. Et disons en chœur au Président SORO Guillaume et ses valeureux compagnons :

–          Merci pour ce moment de sursaut démocratique !

–          Merci pour ce moment de restauration de notre dignité citoyenne !

–          Merci pour ce moment de sacrifice pour lequel nous ne vous remercierons jamais assez !

Tawakkal

Lire la suite
Article : Côte d’Ivoire : quand des arnaqueurs jettent leur dévolu sur les corrompus
Editorial
0
7 septembre 2014

Côte d’Ivoire : quand des arnaqueurs jettent leur dévolu sur les corrompus

La Côte d’Ivoire est un pays corrompu, cela est un fait. De la classe dirigeante au bas peuple, la gangrène s’est installée à des degrés divers. Il paraît qu’une lutte sans merci s’organise pour l’éradiquer, nous attendons de voir les résultats de celle-ci. Mais ce qu’on n’avait pas vu venir, c’est que cette masse colossale de corrompus-corrupteurs devienne une matière première pour un type d’entrepreneurs peu recommandable : les arnaqueurs.

L’affaire remonte à quelques semaines. Une série de textos s’abat sur les téléphones portables. Dans ces messages, un certain oncle demande de lui envoyer à son bureau les dossiers parce qu’il aurait des places à octroyer à la Douane, aux Impôts, au Trésor, à l’ENA, etc. Bien entendu les personnes ayant reçu ces messages ne connaissaient pas cet oncle généreux. Ils appellent donc pour savoir comment profiter de cette occasion en or pour devenir fonctionnaire. La suite, toujours la même : l’oncle répond qu’il s’est trompé de numéro destinataire et qu’il voulait plutôt envoyer ce message à son neveu. Si le sujet se montre intéressé, l’oncle lui dira que c’est un service qu’il veut rendre gracieusement à son neveu, mais qu’il pourrait tout de même en faire bénéficier moyennant une certaine somme, ce sujet chanceux ayant reçu son message qui ne lui était pas destiné. Imaginez la suite si vous étiez ce cowboy.

Ce qui m’intrigue, c’est que la quasi-totalité des personnes ayant reçu ce message se sont empressées de rappeler l’expéditeur avant de comprendre l’arnaque. Comprenez combien la société ivoirienne est corrompue. Tous sont prêts à corrompre pour avoir un emploi. L’on se plaint à l’unisson des effets pervers de cette pratique, mais personne n’ose dire « Non merci » lorsqu’une situation de corruption se présente. Les valeurs morales et éthiques sont sacrifiées sur l’autel du salut personnel. Un adage du pays dit que lorsque le tonnerre gronde chacun attrape sa tête. Entendez que face aux difficultés de la vie chacun se préoccupe de sa situation personnelle. Dans de telles circonstances, comment pouvons-nous espérer que les citoyens dénoncent les voyous en costume auprès des juridictions compétentes. Enfin, il paraît que celles-ci ne sont plus aussi compétentes. Puisqu’elles seraient elles-mêmes gagnées par la corruption. Bref, disons Adieu à la promotion du mérite et célébrons l’injustice sociale.

Personnellement, j’aurais aimé que tous ces corrompus se fassent arnaquer. Est-il correct de se réjouir de l’arnaque de quelqu’un, même s’il est corrompu ? Mais là c’est un autre débat. En attendant d’aborder celui-ci, certains racontent comment ils ont été déçus de découvrir que cette « occasion en or » était une arnaque. Tandis que d’autres répondent comme ci-dessous :

capture écran

Tawakkal

Lire la suite
Article : CAN 2015 / Ebola : L’inconséquence des autorités Ivoiriennes
Contributions
1
31 août 2014

CAN 2015 / Ebola : L’inconséquence des autorités Ivoiriennes

Dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2015, la Côte d’Ivoire doit affronter la Sierra Leone le 6 septembre prochain à Abidjan. Problème, la Sierra Leone est frappée de plein fouet par l’épidémie de fièvre Ebola. Dans le cadre des mesures préventives contre cette épidémie, le gouvernement Ivoirien a justement pris des mesures préventives aux nombres desquelles la fermeture des frontières et l’interdiction de toutes rencontres sportives internationales.

Personnellement, je trouve ces mesures disproportionnées. Mais le propos n’est pas à ce niveau. Les autorités ont le devoir de prendre les dispositions qu’elles jugent appropriées pour le bien-être et la sécurité de leurs populations. L’on peut ne pas partager une ou certaines de leurs décisions, mais tant que celles-ci ne portent pas atteinte aux principes fondateurs de la Nation, il faut s’en conformer. L’inconsistance que je déplore se trouve dans la volonté du gouvernement de délocaliser cette rencontre. Délocaliser vers où ? Certainement vers un pays où les habitants seraient immunisés contre Ebola. La Confédération Africaine de Football (CAF) fait bien de rejeter catégoriquement cette idée. Une perspective aussi incongrue qu’inacceptable, que nos dirigeants s’échinent pourtant à entretenir. Je ne sais à quelle fin, sinon pour jeter l’anathème sur la qualité de notre leadership. Si nos autorités sont déterminées à aller jusqu’au bout de cette posture, elles n’avaient qu’à opter depuis le début pour la seconde et dernière option : c’est-à-dire le forfait. La balle est dans leur camp, il faut la jouer et non s’amuser avec.

Pour ma part je me permettrai de faire la proposition suivante à nos autorités pour qu’elles sortent la tête un peu haute de cette affaire. Vu les mesures prises par la fédération Sierra Léonaise, notamment sur la composition de leur délégation, acceptez la tenue de cette rencontre ici à Abidjan ; si nécessaire dans un stade vide.

Tawakkal

Lire la suite
« »
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
Un site utilisant Réseau Mondoblog

Auteur·e

L'auteur: tawakkal
De nationalité ivoirienne, je réponds au nom de Tawakkal DIAKITE. Je suis passionné de l'art du leadership. Plus d'infos dans la rubrique "A propos de moi" dans mon blog.

Populaires

Article : Pourquoi dédier ce blog au leadership?
Pourquoi dédier ce blog au leadership?
17 octobre 2013
Article : Qui a donc  volé l’argent des Éléphants ?
Qui a donc volé l’argent des Éléphants ?
7 mai 2015
Article : Assises de la jeunesse Ivoirienne, 3ième édition
Assises de la jeunesse Ivoirienne, 3ième édition
29 octobre 2013
Article : Nième crise de leadership en Côte d’Ivoire : « Dans la maison du Père !»
Nième crise de leadership en Côte d’Ivoire : « Dans la maison du Père !»
24 octobre 2013
Article : Hymne du Wassoulou ; une leçon de leadership
Hymne du Wassoulou ; une leçon de leadership
23 octobre 2013
Leader un jour, leader toujours!? © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
216